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Le vagabond de Séoul, Kim Ho-Yeon


Avec Dogko, la parole ralentit et la mémoire est tenue à distance : on ignore ce qui l'a amené à se réfugier, comme ultime logis, dans la gare de Séoul. Le mystère qui est entretenu sur la rupture qui l'a conduit dans une supérette de quartier est d'abord compensé par l'histoire d'une reconstruction permise par la propriétaire de ce lieu.
Cet homme, plus astucieux qu'il n'y paraît, parvient à déjouer des situations conflictuelles ou à guider des personnes en difficulté. Finalement, l'aumône qu'on lui fait, en lui garantissant les moyens de survie, n'est rien à côté des services qu'il rend naturellement.
Dans ce roman coréen qui se déroule en grande partie dans les heures de nuit, les enjeux sont assez similaires à ce que l'on pourrait trouver dans un roman européen. Ces leçons valent pour tout un chacun dans le fond. Cependant, le vocabulaire nous plongent dans un décor qui nous offre un voyage en plus des dénouements de situations douloureuses.

Un bon moment de lecture.


Note : dans mes romans, j'ai aimé exploré des pays lointains (l'Afghanistan, par exemple). Mais ici, nous sommes encore deux fois plus loin, par rapport à la France. Un sacré dépaysement !

Les années douces, Hiromi Kawakami

 

J'ai lu ce livre par intermittence. Et toujours, je retrouvais le fil.

Tsukiko tisse lentement un lien avec son professeur de japonais. Elle n'était qu'une élève médiocre et peu assidue dans cette matière. L'ascendant du maître sur l'élève est évident. Est-ce que des sentiments indépendants de cette subordination peuvent se glisser dans les interstices de ces vies routinières ?
L'auteur se contente de nous décrire une rencontre dont l'intimité paraît formelle, mais peu à peu le temps passe et construit une histoire ineffable, la leur.
Le charme opère, étonnamment, discrètement.

La papeterie Tsubaki, Ito Ogawa

Un style apuré, narratif, déroulant la vie d'une orpheline qui a décidé de commencer sa vie de jeune adulte en tant qu'écrivain public, dans la papeterie que lui a légué l'Ainée, sa grand-mère. Les jours s'écoulent au rythme des demandes : les lettres qu'elle doit écrire sont souvent des jalons cruciaux dans la vie de ses clients. Elles doivent signifier une rupture, dire une amitié, faire perdurer un amour... Hatoko, surnommée aussi Poppo, exécute son travail avec soin et savoir-faire. Elle a été à dure école avec sa grand-mère, elle comprend peu à peu que cet apprentissage lui ouvre les portes d'un beau métier. Seule, elle se nourrit des rencontres avec ses clients et des échanges avec une voisine amie.

La sobriété du style surprend, sa candeur émeut. Le parcours de cette jeune femme aux confins de cet héritage salvateur révèle une personnalité humble et vivante.

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