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L'enfant dans le taxi, Sylvain Prudhomme


 Ce livre commence comme une voix sourde, sans virgules, et s'amplifie avant de trouver un équilibre au travers de la quête d'un homme qui veut redonner sa place à un « bâtard » de la famille, écarté après la guerre – et d'autres fois encore –, malgré des tentatives des uns et des autres pour réparer un moment d'égarement. 

Simon part sur les traces de l'anonyme M., fils non reconnu par son propre grand-père, après le décès de ce dernier. Lui-même est éprouvé par une rupture. 

D'abord, j'ai cru ne pas pouvoir entrer dans ce style minimaliste en dehors des conventions, puis je me suis laissé entraîner. Et j'ai aimé suivre ce processus de réappropriation, ce lien tissé avec soin.

À découvrir.


Note : j'admire les auteurs qui osent une rupture de style. De mon côté, je me laisse emporter parfois par une envolée littéraire, mais n'ai pas (encore ?) tenté d'écrire un roman dont le style évoluerait au cours des chapitres. Tout au plus, j'ai assumé l'utilisation du subjonctif imparfait (en limitant cependant quand c'était possible les terminaisons en u/a/issent et en préservant les élégants â/û/ît) dans Tous les matins, elle boitait, roman historique où le style suranné est en phase avec le récit.

Article 353 du code pénal, Tanguy Viel

Dès le premier chapitre, le livre nous met dans un état de confusion : le meurtrier est un monsieur-tout-le-monde. Et nous voilà embarqué devant un juge atypique : un magistrat qui prend le temps, tout le temps qu'il faut, pour se forger une intime conviction.

L'auteur nous plonge dans une tragédie étouffante dont l'issue inexorable est pesante : seule l'écoute insatiable du juge laisse entrer un peu de lumière dans ce huit-clos. La descente aux enfers de cet homme berné, humilié, est édifiante, crédible, mais pour moi, elle étouffe un peu l'élaboration ici à peine évoquée, du processus salvateur de la justice humaine. Un parcours prenant néanmoins, qui nous ouvre une porte dérobée dans le monde de la criminalité, un début de compréhension possible de ces êtres dont nous ne savons que faire, et dont le traitement nous pose, de tous temps, des cas de conscience cornéliens.

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