La confédération des maires, une utopie littéraire ?

Politique fiction : pour explorer l'extension du rôle des maires

La confiance accrue aux maires comme piste pour un meilleur avenir politique

Les récentes élections municipales nous rappellent combien la question du pouvoir communal est critique. Dans mon roman À la hauteur, j'ai créé une situation qui permet de l'étudier dans une société où l'appareil d'État a été effacé : les grandes villes françaises ont été englouties par une montée des eaux jusqu'à cinq cents mètres. Que reste-t-il ? Les communes. J'ai imaginé l'émergence de nouveaux pouvoirs avec la constitution d'une confédération des maires.

Une fois l'horreur de cette hypothèse de science-fiction évacuée, nous pouvons examiner de façon constructive les effets d'une gouvernance par les maires — puisque ce serait le seul pouvoir restant — en imaginant ce qu'un tel transfert pourrait apporter.

La confédération des maires : une utopie née d'un départ à zéro

Dans mon livre, la confédération des maires organise la société amputée de son administration centrale en une collaboration horizontale. Le pouvoir communal s'impose de lui-même car il est le seul, à l'échelle d'une proximité géographique réduite par la disparition des moyens de transports classiques privés d'électricité et de carburant, capable de gérer l'essentiel : l'accès à l'eau, les ressources et l'entraide. 

Extrait : 

Oui, le maire lui-même se déplace chez ses administrés ! Aristide est estomaqué : lui n’aurait pas su reconnaître le maire dans les rues de Lyon, malgré le matraquage intensif mené par les médias pendant et après sa campagne. Enfin, maintenant, ça n’a plus d’importance. 

Finalement, cette proximité change tout. Les concitoyens acceptent l'autorité car elle est visible, tangible et dévouée au service de la communauté. Ici, le maire est également celui qui encourage les plus compétents à se mettre au service de la communauté.

Je pleure encore la beauté du monde, Charlotte McConaghy


 Inti porte les difficultés d'une jeunesse partagée entre une mère qui veut l'endurcir, à la ville, et un père qui veut l'ouvrir à la nature, dans une forêt. Adulte, elle est maintenant en charge de sa sœur jumelle Aggie, mal remise d'un traumatisme, alors qu'elle s'est installée en Écosse pour introduire des loups.

Attachée à cette meute qu'elle espère voir grandir sans qu'il y ait d'attaques de troupeaux, elle tâche également de prendre sa place dans une communauté hostile. Seul Duncan, le policier, essaie de raisonner la peur viscérale qui pousse à un rejet catégorique de cette porteuse de projet, qui va à l'encontre du bien commun d'après les fermes voisines. 

S'ajoute à cela qu'elle affronte Stuart, un fermier parce qu'il maltraite manifestement sa femme. Comme avec les loups, elle met en danger.

Un livre fort, sur le lien à la nature, sur le lien à ses proches, et sur la frontière qu'on ne devrait pas dépasser.


Dans À la hauteur, mon dernier roman écrit, mes personnages doivent avancer en surmontant la peur que la nature récidive, après que l'eau est montée de cinq cent mètres. Ici, par exemple, Aristide dépasse les digues hautes de sa peur. Imprudence et héroïsme se mêle ainsi dans un acte insensé.

Nous vivons bas et nous construisons des digues hautes, chronique de À la hauteur

Chronique de A la heuteur, Jeanne Orient

Une chronique qui transforme mon roman À la hauteur en une arme pour la paix

Jeanne Orient, une chroniqueuse littéraire, à la fois magicienne des mots et communicante avisée, m'a fait l'honneur de lire et d'aimer mon roman À la hauteur, pour en réaliser une chronique unique en son genre. Et puissante. À travers son analyse, elle parvient au cœur de mon travail : le fait de comprendre comment l'effondrement de nos structures peut nous permettre d'accéder enfin à ce qui est essentiel en nous, pour nous. Ainsi, elle fait de mon roman une arme pour la paix.

L'eau comme un miroir révélateur

Jeanne Orient révèle les personnages face à leurs peurs, montre que la catastrophe les oblige à explorer leurs résistances et à accéder à ce qui est haut en eux. Par là même, elle réussit le tour de passe-passe de nous mettre face à nos petitesses, les remparts que nous nous sommes obstinés à construire, et à nous ouvrir une voie pour les dépasser. Après la catastrophe, accéder à cet inconnu en nous est le meilleur cheminement vers un équilibre.

Extrait À la hauteur - Aristide



Aristide, le scientifique en proie à la dépression, prend un risque inconsidéré : celui d'entrer dans une eau qui est montée brutalement, de cinq cent mètres. Cette expérience sensorielle est un passage de reconstruction, où, lui, l'homme fragile, dépasse sa peur et gravit ainsi un échelon dans la maîtrise de sa maladie et la compréhension de l'évènement qu'il veut expliquer.

Extrait :


En arrivant sur place, il examine les différentes strates. Un poteau marque le point initial de l’inondation, car il serait difficile de retrouver la ligne de démarcation, signe que la nature reprend ses droits. La langue rocailleuse promet déjà des touffes qui ne demandent qu’à fleurir. Il est possible même que l'eau ait charrié des substances nutritives : une hypothèse à étudier. Plus il descend, plus l'œuvre de l'invasion macabre est visible en revanche. Il inspecte à contrecœur un arbre qui ne devrait plus verdir au printemps prochain.

Il a finalement les yeux au ras du sol, quand il voit une pierre plate qui avance dans l'eau. Il s'assoit et reste un moment à écouter le clapotis. Les vagues viennent se déverser sur la grève, comme elles le feraient sur une plage de vacances. Et Aristide prend ce mouvement comme un bercement qui l'emmène loin, vers un horizon qui pourrait remplir sa vie et le conduire ailleurs, remplir son désespoir pour le rayer de la carte et le remplacer par le droit de vivre encore alors que les siens sont engloutis, ainsi que les projets de recherche qui l'habitaient – anciens aiguillons fidèles d'une existence dévouée. Il a déjà ôté ses chaussures. Ses pieds baignent dans une eau plus chaude que la température ambiante. L’eau scintille et l’appelle. Ses muscles se relâchent. Il se déshabille. Puis, il se moque de lui-même. Que de chichis ! Si ça trouve, il va périr dans l’eau, si elle est aussi toxique que certains le pensent. Car il sait qu’il va se laisser prendre par la mer immense. Il entre et batifole. Il crie. Ensuite, il s’allonge en une brasse maladroite.

Il ne détecte rien de spécial hormis la sensation d’être maintenu à la surface. Parfois des bulles s’échappent comme une pluie d’étoiles qui retourneraient au ciel. Il pense à George et aux villageois d’ici qui voient cette eau inconnue comme un abîme peuplé de danger, un univers insaisissable, impensable. Lui, le scientifique, il sait qu’il faut aussi explorer l’hypothèse que cette vague puisse opérer un renouveau, que le phénomène dévastateur est le fruit de combinaisons complexes dont la probabilité de reproduction est infime et que le plus logique est de l’ignorer. Certes, le gaz qu’elle contient est potentiellement dangereux. Il songe aux scientifiques comme les Curie qui se sont consumés au contact de la radioactivité. Mais peut-être que ce gaz a au contraire des propriétés bénéfiques ! Il veut y croire. En tout cas, il se porte volontaire pour cette expérience, de tout son corps. Son corps qu’il ressent pleinement au contact de l’eau qu’il laisse même pénétrer dans sa bouche. Un goût un peu salé. Pas désagréable. Grâce au choc de cette improvisation, il sent frémir les prémices d’un répit. Et si la vie pouvait continuer malgré tout, malgré ce désastre ? Et si on pouvait reconstruire sans oublier ? Sans renier non plus les étincelles qui pourraient réchauffer l’une après l’autre de nouvelles existences à réinventer. Chaque jour qui serait donné.


Nos coeurs invincibles, Dimitri Krier


Tala aurait dû être une étudiante en droit ; elle espérait même une place dans une université américaine, mais les évènements à Gaza, depuis l'offensive terroriste en Israël en octobre 2023 jusqu'à 2025, la confinent à un rôle d'aidante humanitaire pour enfants de cette enclave martyrisée. Tout au plus peut-elle avancer dans ses études par voie numérique.

Ce documentaire épistolaire et journalistique met en avant le désarroi commun de Tala et de Michelle, étudiante israélienne, qui défend la cause de ses voisins, dans son pays.

J'ai été touchée par ces récits pour ainsi dire unanimes pour dénoncer l'absurdité de la guerre au Moyen-Orient. Également, je suis admirative du courage de l'une et de l'autre pour ne pas tomber dans l'escalade, au cœur d'un conflit qui n'en finit plus de s'éterniser.

Quelle joie de voir que, depuis, elles ont pu se rencontrer !


De mon côté, depuis que les drones m'ont amenée à découvrir l'Afghanistan, je défend la cause afghane, notamment celle des femmes de ce pays à travers mon livre Ciao bella.

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