Panne d’électricité. Générale, irréversible.
L’anarchie règne.
Le groupe de voisins qui se forme autour d’Olivia survit tant bien que mal dans une banlieue parisienne. Deux éléments extérieurs : Antoine qui vient au secours de sa fille et de son ex-femme et Julien, neveu d’un couple de retraités, se joignent à eux. Compromissions et bagarres peu glorieuses leur permettent de se donner un avenir. Malgré tout. Et même d’élargir leur cercle à une bande d’enfants des rues.
Pour Olivia, c’est une renaissance d’autant qu’elle rencontre l’amour au détour de ces aventures.
En proposant des solutions pour faire face à cette situation tragique, l’auteure partage une vision originale de la société des villes et des campagnes. Les personnages évoluent avec courage dans des milieux agressifs. L’héroïne et son équipe grandissent et tissent de nouvelles relations ; ils apprennent à tirer eux-mêmes des ressources de leur environnement.
Cependant, si l’absence d’électricité permet de se libérer du poids d’une communication intrusive, elle génère des comportements barbares ; et les remords sont bien vite refoulés. J'aurais souhaité découvrir un nouveau modèle social plus construit, plus pérenne, ou trouver des défenseurs plus acharnés de droits et devoirs élémentaires.
Cela dit, j'ai aimé suivre les aventures de cette étrange communauté attachante qui nous donnent envie de refaire le monde. D'autant que le tout est exprimé avec un phrasé impeccable. Merci à l'auteur de sa confiance, un livre dense qui traite une idée originale avec de nombreuses péripéties !
Le postapocalyptique dans ma bibliographie :
Dans une critique est souligné que Dans le noir parle de l'être humain dans ses aspects les plus beaux et les plus malsains et que le lecteur se questionne sur ce qu'il ferait dans une situation similaire.
Pour ma part, dans mon dernier roman À la hauteur, si la panne d'électricité est radicale au moment fatidique, plutôt que de plonger dans le noir et entraîner tout un chacun dans les plus vils bassesses, j'ai pris le parti de voir la situation extrême comme un aiguillon à la solidarité et l'inventivité. J'explore l'hypothèse que l'adversité stimule la part de lumière plutôt que de de l'ombre. Cette position me distingue, j'en ai bien conscience, du genre apocalyptique traditionnel, s'il en est. Ensuite, j'ai mis à contribution des esprits ingénieux pour que l'électricité puisse revenir, à petite échelle : il s'agit de reconstruire, ce qui est par ailleurs l'occasion de revenir sur des techniques originelles !