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Par les routes, Sylvain Prudhomme

Le narrateur explore, narquois et ému, les raisons de sa fascination pour « l'autostoppeur » : est-ce sa liberté qui l'autorise à partir sur les routes alors qu'il est un père et un mari aimant ? Est-ce sa propension à se lier avec chaque conducteur qui partage avec lui un bout de route ? Est-ce sa faculté à découvrir la France dans ce qu'elle a de plus banal et de plus authentique ? Est-ce sa façon d'être toujours aussi présent tout en s'éloignant un peu plus ?

Pris dans son questionnement, admiratif, le narrateur voit la beauté de cet étrange engagement auprès des autres, avant de s'apercevoir des désarrois profonds de sa petite famille, dans laquelle il prend une place, de plus en plus prégnante.

L'enfant dans le taxi, Sylvain Prudhomme


 Ce livre commence comme une voix sourde, sans virgules, et s'amplifie avant de trouver un équilibre au travers de la quête d'un homme qui veut redonner sa place à un « bâtard » de la famille, écarté après la guerre – et d'autres fois encore –, malgré des tentatives des uns et des autres pour réparer un moment d'égarement. 

Simon part sur les traces de l'anonyme M., fils non reconnu par son propre grand-père, après le décès de ce dernier. Lui-même est éprouvé par une rupture. 

D'abord, j'ai cru ne pas pouvoir entrer dans ce style minimaliste en dehors des conventions, puis je me suis laissé entraîner. Et j'ai aimé suivre ce processus de réappropriation, ce lien tissé avec soin.

À découvrir.


Note : j'admire les auteurs qui osent une rupture de style. De mon côté, je me laisse emporter parfois par une envolée littéraire, mais n'ai pas (encore ?) tenté d'écrire un roman dont le style évoluerait au cours des chapitres. Tout au plus, j'ai assumé l'utilisation du subjonctif imparfait (en limitant cependant quand c'était possible les terminaisons en u/a/issent et en préservant les élégants â/û/ît) dans Tous les matins, elle boitait, roman historique où le style suranné est en phase avec le récit.

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