Nouveauté Mélinda Schilge
Annonce d'une nouveauté imminente :
-> Les bancs de la place publique, mon dernier roman, s'achemine vers son lancement ! Ce sera ma cinquième publication.
La place publique : croisements aléatoires
Le point de départ de ces histoires est un lieu que je connais bien. À cet endroit, m'a traversée
l'envie d'en savoir plus sur le vécu, et le présent ! des personnes croisées. Sur
cette place lyonnaise, j'y suis venue en faisant mes courses, lors de rendez-vous donnés
dans un bar ou en patientant à un arrêt de bus, ou encore en m'engouffrant vers
un quai de métro.
Cependant, le nom de cette place est à peine évoqué, ce qui ouvre une dimension plus universelle. Aussi, pour moi, une plus grande liberté d'imagination : ceux qui la connaissent découvriront un élément insolite qui pourrait y être installé, mais qui pour l'heure n'existe que pour mes personnages.
La genèse d'un roman choral : personnages tirés de mon univers d'écrivaine et d'émotions personnelles
Le premier personnage que j'ai mis en scène, Michel, est inspiré de syndicalistes de Renault Trucks, où j'ai travaillé il y a une
quinzaine d'années. Ses origines catalanes sont tirées de recherches sur cette région, amorcées lors de l'écriture de mon précédent roman.
Un deuxième porte le même prénom que la petite fille lumineuse de Ciao Bella : Stella. Cependant, ici, l'origine latine (étoile) m'a mené à lui imaginer une mère... astronaute. Finalement, ici, Stella est toujours une fillette enthousiaste, mais elle souffre de l'incurie de ses parents, malgré une
jeunesse dorée vécue dans une banlieue bourgeoise aérée.
Le dernier, Ehsan, s'est imposé du fait que j'éprouve de la curiosité et de l'admiration pour ce pays au destin terrible : l'Afghanistan, également depuis l'écriture de Ciao bella. Ehsan est devenu
le personnage qui tire l'histoire, et ce à partir de nombreuses sources documentaires et de plusieurs interviews.
Droits et sociétés d'aujourd'hui
J'ai d'abord cherché la correspondance entre les trois histoires, ou au moins, je
voulais qu'il y ait un écho évident. La force de la compassion et du sentiment d'appartenance à un même pays lors d'attaques terroristes m'a amené à travailler sur l'attentat de la gare Saint-Michel en 1995 et c'est ce qui m'a permis de créer un liant entre ces personnages, tout en révélant leurs forces et leurs faiblesses.
Ensuite, je me suis attardée sur deux dimensions corrélées de ce roman choral : les droits de ses
passagers éphémères et leurs vies sociales. (Le problème de la loi se pose
surtout pour Ehsan, car il a demandé un statut de réfugié.)
Au bout du compte, trois arcs dramatiques se dessinent sans se superposer ou s'opposer. Ni complémentaires, ni semblables. Cependant, ils forment un tout, un peu comme dans Il y a des jours et des lunes de Claude Lelouch. Tout comme dans ce film, la mort, évitée ici, est le principal dénominateur commun.
Échanges de bons procédés
Une citation de Saint-Exupéry résume pour moi une autre intention en filigrane de cette nouvelle fiction :
Aimer ce n’est
point nous regarder l’un l’autre, mais regarder ensemble dans la même
direction.
Peut-être peinent-ils à aimer, Ehsan, Michel et Stella. Néanmoins,
m'est apparu que, chacun à sa façon, ces personnages
contribuent à défendre le lien avec leurs proches, avec les barrières qui sont les leurs (éloignement géographique, vieillesse, désir d'indépendance). Également, chacun à sa manière, ils sont altruistes et parviennent, malgré leurs difficultés, à s'entraider, de façon inattendue, ce qui pour moi illustre la magie des liens sociaux.
Alors, le symbole de la place publique remplit sa fonction : celle de donner à tous le droit de cité, aussi différents soient-il. De surcroît, il met en lumière la capacité de la société de prendre en charge les plus fragiles : les personnes âgées, les plus jeunes et les réfugiés.
