De « l'Internet » au web quotidien : voyage dans les années 90
Du langage d'expert au langage courant : une transition sémantique
Et cette aura, par son mystère, sous-tend sans mal le suspense d'une l'intrigue. Pour ma part, revenir sur cette période fondatrice a été un fil conducteur pour mon roman Dernière ambition, dont je vous livre un extrait à propos d'une utilisation du fameux réseau par une organisation obscure.
-> Ici, le patron du club de tennis, a cédé à la pression de membres privilégiés, dont le fait de disposer d'un site détonne.
Reynaud baissa la voix en se penchant sur le côté sans le regarder :
— Ils appellent ça « la Ligue ». Il paraît qu’ils ont un « site » sur l’Internet et qu’il s’agit d’un groupuscule très fermé.
Il ne lui dit pas que la Ligue l'avait contacté l'année précédente et qu'en l'échange d'une place pour son père dans une maison de retraite, il avait concédé des tarifs avantageux pour ces adhérents très spéciaux.
Le réseau internet : ressource pour l'intrigant
— Tu te souviens du dossier Giraud ?
Hertzan hocha la tête et laissa le monologue s’enclencher. L’homme d’affaires admit sans vergogne qu’il tirerait profit d’un complot bien orchestré. Toujours silencieux, Hertzan laissa son patron déverser ses tractations sans s'émouvoir. Il ne réagissait pas ; le fait d'être habilité à entendre les détails de ses projets les moins avouables le satisfaisait. D'ailleurs, jamais il ne les aurait remis en cause. Et il aurait été capable de l’écouter des heures durant sans perdre patience.
Il était question d’une mise en relation fructueuse sur le site internet que Riviere avait créé sur le World Wide Web :
— J’ai déniché un retraité ex‑responsable des ressources humaines. Franchement, il passait le plus clair de son temps à chanter dans une chorale. Quel gâchis ! Il venait pourtant de Biomérieux.
Hertzan comprit qu’un jeune directeur (jeune comment ? Comme lui-même ?) devait être évincé. Le moyen serait une accusation : rétention d’information. Hertzan se demanda en quoi cela pouvait être si grave de retenir l'information. À côté de lui, des rires ricochaient contre l’immense baie : deux hommes d’affaires s’étaient installés contre la vitre. Hertzan s’étonnait encore de la légèreté qui flottait parfois dans ce monde si sérieux en apparence.
Dernière ambition : Un roman historique à suspense au cœur de la révolution numérique
Balbutiements du World Wide Web au service d'un ambitieux du monde des affaires lyonnais
Internet s'ouvre également aux étudiants
Non seulement internet m'a permis de naviguer dans les milieux des dirigeants, mais comme il est rapidement devenu accessible aux jeunes, j'ai pu également imaginer que Nathanael, un étudiant tout aussi ambitieux, puisse entrer sur internet, grâce aux accès possibles au sein des universités ou des écoles diplômantes.
Ici, l'anonymat d'internet devient une opportunité pour pénétrer un réseau qui s'étend dans l'ombre grâce à la technologie.
Le pouvoir au bout du modem : maîtriser le web avant les autres
L'influence du politique s'accroît avec le blog. Là, Riviere, l'homme d'affaires, s'en donne à cœur joie, mais il est loin de se douter que Nathanaël, qu'il a embauché pour des tâches subalternes, a déjà un train d'avance sur lui :
En arrivant dans son bureau, il alluma directement l’ordinateur et consulta sa messagerie. Il possédait une adresse de courrier électronique depuis le début des années 90, et constatait avec plaisir que sa boîte mail était de plus en plus active. Un député lui proposait un rendez-vous le lendemain à 10 h 30, il accepta. Il calcula qu’il aurait encore le temps de passer au quartier général, avant de se rendre à Erigea. Il compulsait toujours quotidiennement les parapheurs de son entreprise. De même que pour son site internet, il n'était pas question d'en abandonner les commandes.
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Une porte lointaine grinça ; Nathanaël surgissait. Déjà, il était devant lui, il lui serrait la main, s’assit.
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Il poursuivit avec une nouvelle idée : créer un journal sur l’Internet.
— Un journal ? Vous vous prenez pour un journaliste maintenant ? se moqua Riviere qui l’encouragea cependant à continuer.
Nathanaël s’expliqua. Il avait démarché la Junior Entreprise de son école, une association qui pourrait leur fournir des forces vives pour l’épauler et l’un des membres de l’association lui avait parlé d’un mouvement de plus en plus en vogue aux USA :
— Son cousin a créé là-bas une sorte de forum comme ceux qui se développent sur le minitel. Il appelle ça les « weblogs ». En fait, c'est entre le site et le forum, d’après ce que j’ai compris. Chaque jour, il dépose un éditorial sur l’Internet. Les gens écrivent leurs critiques directement en ligne. Aux States, cela fait un carton…
Riviere se renfrogna. Comment ce petit jeune peut-il en savoir plus que lui sur ce qui se passe sur l’internet des États-Unis ? Il émit quelques sarcasmes pour la forme sur son « pseudo-journal intime », mais, internaute averti, il sentait que cette innovation était dans l'air du temps. Et le milieu politique étant peu au fait des nouveautés technologiques, il s'agissait de les exploiter avant les autres.
Relations intergénérationnelles : le choc des cultures face aux écrans



