La fabuleuse aventure de l'apparition d'internet

Retour vers la découverte d'internet au travers mon roman Dernière ambition

De « l'Internet » au web quotidien : voyage dans les années 90

Du langage d'expert au langage courant : une transition sémantique 

Internet dans les années 1990
Quand on regarde les occurrences d'Internet  par rapport à internet avec une minuscule, on s'aperçoit que si les deux apparaissent dans les années 90 (en partant de zéro), le mot entre maintenant dans le langage courant, en perdant sa majuscule. On parlait même de l'Internet avec l'article. A vrai dire, à ses débuts, les possibilités qu'il offrait étaient inimaginables. 

Et cette aura, par son mystère, sous-tend sans mal le suspense d'une l'intrigue. Pour ma part, revenir sur cette période fondatrice a été un fil conducteur pour mon roman Dernière ambition, dont je vous livre un extrait à propos d'une utilisation du fameux réseau par une organisation obscure.

-> Ici, le patron du club de tennis, a cédé à la pression de membres privilégiés, dont le fait de disposer d'un site détonne.

Reynaud baissa la voix en se penchant sur le côté sans le regarder : 

— Ils appellent ça « la Ligue ». Il paraît qu’ils ont un « site » sur l’Internet et qu’il s’agit d’un groupuscule très fermé.

Il ne lui dit pas que la Ligue l'avait contacté l'année précédente et qu'en l'échange d'une place pour son père dans une maison de retraite, il avait concédé des tarifs avantageux pour ces adhérents très spéciaux.

Le réseau internet : ressource pour l'intrigant

Pour en revenir au vocabulaire examiné ici, il est à noter que le web est également une abréviation récente. Ici un extrait dans lequel Riviere compte bien profiter, comme il le fait pour traiter ses affaires, de cette opportunité à saisir dans les années 90.

    Hertzan venait d’attraper une assiette de makis enrobés de noirs quand il entendit son patron glousser :

     — Tu te souviens du dossier Giraud ?

     Hertzan hocha la tête et laissa le monologue s’enclencher. L’homme d’affaires admit sans vergogne qu’il tirerait profit d’un complot bien orchestré. Toujours silencieux, Hertzan laissa son patron déverser ses tractations sans s'émouvoir. Il ne réagissait pas ; le fait d'être habilité à entendre les détails de ses projets les moins avouables le satisfaisait. D'ailleurs, jamais il ne les aurait remis en cause. Et il aurait été capable de l’écouter des heures durant sans perdre patience.

     Il était question d’une mise en relation fructueuse sur le site internet que Riviere avait créé sur le World Wide Web :

     — J’ai déniché un retraité ex‑responsable des ressources humaines. Franchement, il passait le plus clair de son temps à chanter dans une chorale. Quel gâchis ! Il venait pourtant de Biomérieux.

     Hertzan comprit qu’un jeune directeur (jeune comment ? Comme lui-même ?) devait être évincé. Le moyen serait une accusation : rétention d’information. Hertzan se demanda en quoi cela pouvait être si grave de retenir l'information. À côté de lui, des rires ricochaient contre l’immense baie : deux hommes d’affaires s’étaient installés contre la vitre. Hertzan s’étonnait encore de la légèreté qui flottait parfois dans ce monde si sérieux en apparence. 


Dernière ambition : Un roman historique à suspense au cœur de la révolution numérique

Balbutiements du World Wide Web au service d'un ambitieux du monde des affaires lyonnais

Lyon
En me plaçant dans les années 90 pour mon livre Dernière ambition, qui devait parler d'abord des relations intergénération (avec un regard parfois attendri sur la vieillesse, parfois agacé quand on vire au patriarcat), dans un quartier lyonnais, je ne me doutais pas que je me découvrirais un tel enthousiasme pour l'histoire d'internet. Certes, je pressentais que la révolution numérique a une intensité comparable à celle de la révolution industrielle. 

Mais le fait de retourner vers cette période de ma vie que j'ai vécu sans me rendre vraiment compte de ce qui s'y jouait, a été bien plus édifiant que ce à quoi je m'attendais.




Internet s'ouvre également aux étudiants

Non seulement internet m'a permis de naviguer dans les milieux des dirigeants, mais comme il est rapidement devenu accessible aux jeunes, j'ai pu également imaginer que Nathanael, un étudiant tout aussi ambitieux, puisse entrer sur internet, grâce aux accès possibles au sein des universités ou des écoles diplômantes.

Ici, l'anonymat d'internet devient une opportunité pour pénétrer un réseau qui s'étend dans l'ombre grâce à la technologie. 

Tout en marchant, il réfléchissait à la Ligue, ce réseau qui chapeautait les anciens du Club de tennis et qui avait probablement d’autres ramifications dans le 4e arrondissement. Il était impatient de pouvoir présenter cette nouvelle cible au directeur de campagne… encore fallait-il parvenir à établir un contact. Malgré ses relances, Reynaud s'était fermé comme une huître. Quant au site sur l’Internet, il fallait montrer patte blanche, en déclinant ce que l’on attendait de la Ligue, et surtout quelles compétences on pouvait y apporter. 
Nathanaël y avait imaginé un personnage ressemblant à cette société secrète : il s'était inventé une belle carrière de banquier. Il s'était ajouté une arthrose peu handicapante, maladie (bien connue) pour laquelle il aimerait des retours d'expérience ; il était veuf, aisé, et souhaiterait être membre de la Ligue pour se sentir moins seul. [ ] Le hic était que le mystérieux ordonnateur ne lui avait pas encore fourni les identifiants nécessaires pour passer aux étapes suivantes. Son accès était toujours limité à l’énigmatique encart de la page d’entrée. Peut-être parce que dans la case « référents », il avait, sur un coup de tête, indiqué au hasard l’un des noms des joueurs de tennis du club.


Le pouvoir au bout du modem : maîtriser le web avant les autres

L'informatique des années 90

L'influence du politique s'accroît avec le blog. Là, Riviere, l'homme d'affaires, s'en donne à cœur joie, mais il est loin de se douter que Nathanaël, qu'il a embauché pour des tâches subalternes, a déjà un train d'avance sur lui :

En arrivant dans son bureau, il alluma directement l’ordinateur et consulta sa messagerie. Il possédait une adresse de courrier électronique depuis le début des années 90, et constatait avec plaisir que sa boîte mail était de plus en plus active. Un député lui proposait un rendez-vous le lendemain à 10 h 30, il accepta. Il calcula qu’il aurait encore le temps de passer au quartier général, avant de se rendre à Erigea. Il compulsait toujours quotidiennement les parapheurs de son entreprise. De même que pour son site internet, il n'était pas question d'en abandonner les commandes. 

[ ]

Une porte lointaine grinça ; Nathanaël surgissait. Déjà, il était devant lui, il lui serrait la main, s’assit.

[ ]

Il  poursuivit avec une nouvelle idée : créer un journal sur l’Internet.

     — Un journal ? Vous vous prenez pour un journaliste maintenant ? se moqua Riviere qui l’encouragea cependant à continuer.

     Nathanaël s’expliqua. Il avait démarché la Junior Entreprise de son école, une association qui pourrait leur fournir des forces vives pour l’épauler et l’un des membres de l’association lui avait parlé d’un mouvement de plus en plus en vogue aux USA :

     — Son cousin a créé là-bas une sorte de forum comme ceux qui se développent sur le minitel. Il appelle ça les « weblogs ». En fait, c'est entre le site et le forum, d’après ce que j’ai compris. Chaque jour, il dépose un éditorial sur l’Internet. Les gens écrivent leurs critiques directement en ligne. Aux States, cela fait un carton…

     Riviere se renfrogna. Comment ce petit jeune peut-il en savoir plus que lui sur ce qui se passe sur l’internet des États-Unis ? Il émit quelques sarcasmes pour la forme sur son « pseudo-journal intime », mais, internaute averti, il sentait que cette innovation était dans l'air du temps. Et le milieu politique étant peu au fait des nouveautés technologiques, il s'agissait de les exploiter avant les autres.


Relations intergénérationnelles : le choc des cultures face aux écrans

Le 7 janvier 1927 a eu lieu la première conversation téléphonique. En 2027, nous fêterons ses cent ans !
Certes, c'est une autre histoire... Cela dit, Dernière ambition explore également une autre avancée technologique majeure qui suit cet évènement-là : celle de la téléphonie mobile.

Nous oublions que ces outils du quotidien comme internet n'existaient pas pour nos proches ascendants, presque contemporains finalement.

Ces extraits ont surtout montré la face obscur des écrans : il s'agit de ménager le suspense et de montrer la noirceur d'un homme manipulateur. Cependant, derrière les tractations de mes personnages et l'ambiance de polar, Dernière ambition rend hommage à une transition historique. Il est fascinant de se souvenir qu'il y a peu, le monde ignoraient tout de ces écrans qui nous gouvernent. En explorant les débuts de la téléphonie mobile et du web, j'ai voulu capturer cette énergie des années 90 : un mélange de dangerosité et de génie créatif qui a changé nos vies.








Pour ceux qui voudrait aller plus loin dans la découverte de ce roman historique qui m'a permis de retourner dans une époque palpitante, 
 voilà le lien :

Dernière Ambition

 

Messages les plus consultés