Mado ignore d'où elle vient, si ce n'est qu'elle a été recueillie dans un orphelinat. Elle s'enferme dans ses difficultés et tâche à sa façon de dévorer la vie. Mais elle peine à trouver des alliés dans le genre humain. C'est en atterrissant dans la famille de Paul, qui habite près d'une forêt, qu'elle se raccroche au genre animal pour ressentir enfin une certaine joie de vivre.
Malheureusement, la vie qu'elle anime en elle grouille d'une passion dévastatrice.
Un livre poignant d'une prise de conscience mêlée à une désespérance.
L'autrice s'embarque dans un style d'une poésie alerte. Cependant, on s'enfonce, comme Mado, dans une histoire sombre, qui perd peu à peu en lisibilité, quand elle gagne en lyrisme.
Note : de mon côté, on peut retrouver une mélancolie, plus maîtrisée certes, dans Ciao Bella, sous-titré La vie l'emportera, où l'ingénieur tout feu tout flamme masque un deuil inaccompli. Également dans mon dernier roman, À la hauteur, certaines scènes crient le mal-être de rescapés, même si ce roman reste une écofiction résolument positive (dans le sens où il s'agit de reconstruction et d'une réadaptation à une nature bouleversée).
