L'histoire rocambolesque de ce roi du 18ᵉ siècle, qui pourrait paraître
ubuesque, est recueillie par Benjamin Franklin, alors vieillissant, mais qui
n'a rien perdu de sa verve d'indépendantiste contre les Anglais et les
Français pour la constitution des États-Unis.
Auguste Benjowski est Hongrois et Polonais par sa mère. L'auteur s'inspire
librement de sa vie marquée par une éducation reçue d'un précepteur français :
Bachelet. Après une guerre menée contre les Russes, banni en Sibérie, il
s'enfuit avec Aphanasie pour la France. Ce faisant, il traverse océan
Pacifique et Indien avant de rembarquer pour une mission pour Madagascar.
Il est possible de lire ce roman de deux façons : en le découvrant comme une
aventure extraordinaire ou comme un témoignage anticolonialiste et féministe,
à partir des enseignements de Rousseau ou autres philosophes dont notre héros
s'est imprégné.
Une lecture qui nécessite une prise de recul et de l'attention pour profiter
pleinement de l'érudition de l'auteur, mais qui peut également être lu comme
un roman d'aventure.
Note : de mon côté, j'ai un personnage globe-trotter, dans Ciao Bella,
sous-titré La vie l'emportera : originaire d'un Causse du centre
de la France, Benjamin déploie sa science d'ingénieur au Pérou, en Chine, en
Afghanistan puis en Italie, avant de s'enfuir en Ecosse quand il est accusé
injustement). Cependant, ici, le périple de ce roi opportuniste et courageux
du siècle des Lumières impressionne par son envergure à une époque où les
déplacements entre continents sont longs et coûteux.
