Distinguer ma vie d'écrivaine de ma vie civile
Rempart aux critiques destructrices
La vie d'écrivain est forcément une exposition aux critiques. Qui pourrait
reprocher à l'auteur de se méfier de pamphlets qui réduisent d’un traître mot
votre travail à un néant sans perspective d’évolution ?
De mon côté, mes premières publications coïncidaient de surcroît avec une
période de recherche d’emploi. Mon activité en étant à ses balbutiements à
cette époque, tandis que l'image du candidat commençait à être vérifiée sur
Internet, il n'était alors pas judicieux de lancer mes communications
d'autrice sous mon nom propre.
Protéger mes proches
Un fait divers en Alsace impliquant un auteur agressé à son domicile par
des talibans, menaçant ainsi sa propre famille, m'a conforté dans mon choix
d'écrire sous un nom de plume. D'ailleurs, plus tard, on m'a conseillé à
certains moments de retirer de mon stand les romans mettant en cause ce régime
(que je dénonce en effet dans certains de mes écrits).
Également, si ma qualité d'écrivain devait être éclaboussée par les
fameuses critiques véhémentes auxquelles on doit faire face à un moment ou à
un autre, je souhaite leur en parler moi-même avant que cela parvienne à leurs
oreilles.
Critiques nécessaires
Il reste que, pour permettre à mes écritures d'exister, il me faut accepter
l'épreuve des critiques de lecteurs impartiaux. Qu'elles soient tendres ou
piquantes, elles seront d'autant plus constructives qu'elles peuvent
s'exprimer en toute liberté ; c'est la raison pour laquelle j'évite de confier mes relectures à mon entourage.
Aussi, je ne veux pas importuner mes proches avec ces demandes d'avis et
relectures, même si j'ose de plus en plus leur parler de cette activité, en
tâchant par ailleurs de ne pas trop empiéter sur le temps que je veux leur
consacrer ! Il est alors nécessaire de créer une autre communauté autour de
mes écrits, moins proche de ma personne peut-être, mais plus concentrée sur
les aspects littéraires d'une activité à part pour moi. (Cependant, quel plaisir
d'allier les deux quand un proche s'intéresse à l'un de mes romans ou à mes
démarches en cours pour me faire connaître en tant qu'autrice !)
Le droit à la douceur de l'ombre
J'ai appris ainsi à communiquer progressivement, sans excès, en me concentrant
sur les univers de mes livres et j'avance ainsi vers plus de visibilité.
Cependant, mon premier objectif reste la progression dans l'écriture.
Et s'il s'avère que je ne laisse pas de publication notoire dans l'univers
foisonnant de la littérature, j'y aurais assouvi mon goût des mots, j'aurais
partagé le labeur d'écrivains plus talentueux. Suffisant pour mener à bien
cette aventure.
Cela dit, je garde l'idée que, chemin faisant, je toucherai un plus grand
nombre de lecteurs et que je gagnerai en légitimité. Je crois pouvoir
atteindre une certaine notoriété. Tout en sachant qu'un éventuel succès
pourrait être remis en cause à chaque nouveau roman. C'est le côté joueur de
ce pari toujours renouvelé.
Sortir de l'anonymat dans la lumière d'une maison d'édition
Aujourd'hui, je continue de proposer mes romans aux maisons d'édition et une
autre façon de sortir de l'anonymat serait de publier sous l'un de ces
labels reconnus.
Et au sein d'une maison qui m'accompagnerait, j'envisage alors de publier
en mon propre nom !
Forte d'une belle expérience dans le monde de l'autoédition, je pourrais
porter efficacement mon livre vers un public qui lui correspondrait et
continuer de grandir avec des critiques constructives, en craignant moins
les inévitables détracteurs. Gageons que ce serait l'occasion de vivre une
aventure littéraire riches en nouvelles rencontres et qui mènerait mes
textes vers de nouveaux horizons.
Cependant, mon rêve, au bout du compte, reste de rencontrer mon lectorat et
je sais que ce chemin au multiples embûches est celui qui me permettra de
continuer d'avancer, d'une façon ou d'une autre.
