Portons-nous éternellement les conséquences des méfaits, des cruautés ou
simplement des malheurs de nos géniteurs ?
C'est la question que pose l'auteure à travers les destins de Capucine et
Chris, abandonnés ou maltraités. Malgré leur propre détresse, ils vont aussi
tenter de soutenir leurs compagnons d'infortune Lucie et Samuel qui luttent
pour ne pas se laisser abattre.
Je n'ai pas cerné toutes les imbrications de ces histoires toutes plus
tragiques les unes que les autres, mais j'ai aimé suivre les combats de ces
enfants pour trouver leur place dans une société qui n'a pas su les
protéger. Capucine en particulier est touchante dans ses élans et ses
hésitations.
Avec ces destinées terribles mêlées aux exactions propres à la Seconde Guerre mondiale, l'auteure s'interroge sur notre capacité à vivre malgré nos
racines quand il s'avère qu'elles ne nous feront pas grandir.
Un roman poignant.
J'ai connu Laure Barachin à travers ses chroniques et ses commentaires sur Babelio, site de critiques littéraires. J'apprécie son engagement dans le milieu littéraire et la pertinence de ses analyses.
Du point de vue écriture, nous avons toutes les deux exploré le thème de la Seconde Guerre mondiale. J'ai particulièrement apprécié sa lecture de mon roman Tous les matins, elle boitait.
Note : Laure fait ici ressortir la responsabilité des patrons contestataires qui, par intérêt, auraient donné avantage à Hitler plutôt qu'à Staline et conteste en cela celle des personnes modestes qui ont pu contribué à la montée du nazisme par xénophobie ordinaire. Irmine, le personnage qui a basculé ainsi, représente une des causes probables de cette montée, mais je n'ai pas la prétention de décrire ainsi le mécanisme dominant de cette atrocité. C’est là toute la force de regards croisés : si mon héroïne incarne une cause possible du désastre, elle n'est qu'un fragment d'une mécanique bien plus vaste et complexe, ce que Laure met brillamment en perspective.
