C'est ce que cherche l'auteur, non pas pour rejouer le procès qui a condamné
Saïd à la prison pour avoir percuté sa mère en vélo, ce dans l'élan d'une «
roue arrière ». Cette figure d'un style douteux devait couronner un acte d'une
audace insensée et répréhensible, pour le plaisir et la gloire futile d'un
élément représentatif de la fameuse « racaille ». Et elle a tué une femme douce et ouverte d'esprit.
Lui, le journaliste élevé dans les principes d'une humanité à toute épreuve,
il n'y croit pas, à la tendance qui consiste à faire entrer cette engeance
dans un stéréotype pour mieux la broyer. Malgré la douleur indicible d'un
deuil qui perdure, il établit avec une incroyable bienveillance la chronologie
qui a amené à ce fracassement inhumain : il compare la constitution d'une
famille banale accouchant de celui qui pourrait être qualifié de monstre à ce
qui a amené sa propre famille à croiser le chemin de cet incontestable
coupable, de surcroît peu repenti.
Et ce faisant, il mène une enquête qui n'a
pas vocation à exterminer une vermine, mais plutôt à l'appréhender, dans le
sens philosophique du terme, voire à appréhender la réalité du dérapage
incontrôlé de ces endurcis sans prise sur leurs existences.
Edifiant !
