débuts en politique
La beauté de l'engagement politique
Responsabilité politique
Lors de mes recherches pour l'écriture de Dernière ambition, j'ai au la chance de croiser le chemin d'un d'un jeune politique lyonnais,
Marc Augoyard. Ce qui m'a frappée, c'est la sincérité de sa démarche, ainsi
que le travail de titan que constituait son activité politique.
Dans un univers souvent perçu comme cynique, voir ce jeune homme s'engager sur
le terrain avec une telle authenticité a été un moteur pour mon récit. Marc
incarne pour moi cette politique du cœur, celle qui croit encore fermement au
bien commun et au service de la cité. Depuis, j'ai appris qu'après vingt ans
de politique, il a cessé tout engagement politique en novembre 2024. « Le
temps des grands élus est passé, ce serait bien qu’il y ait de grandes idées
», dit-il au journaliste du Progrès qui l'interroge en novembre
2024.
Nécessité de voter
Cette immersion dans les coulisses du pouvoir local, m'a convaincu que j'avais
un rôle à jouer en tant que citoyenne : en parallèle, je prenais conscience de
mon devoir de voter.
Ci-dessous, un extrait de mon roman illustrant cette nécessité portée par
Nathanaël, un étudiant d'école de commerce qui avait à cœur d'amener ses pairs
à prendre part à la démocratie. À travers lui, j'ai voulu explorer
comment la sincérité d'un seul peut lutter contre l'indifférence de tout un
groupe.
extrait :
Dimitri faisait amende honorable :
— Désolé, je ne m'y connais pas en politique. Je n'ai même pas pris le temps
de m'occuper de ma carte électorale.
— Comment ça ? sursauta Nathanaël, en songeant que Valérie ne pouvait pas
rester avec un type si peu engagé. Il ajouta :
— Bon, je t'offre un café.
Le ton était tranchant : il ne lui laissait pas la possibilité de se
dérober. Il se mit à lui décrire la nécessité de la politique : elle était
au centre de la vie, au cœur des préoccupations de tout un chacun. Il lui
raconta les réunions du Parti socialiste, puis le Café Politique de la
Croix-Rousse où il avait assisté pour la première fois à une intervention de
Riviere.
Et il conclut impitoyablement :
— Les gens comme toi qui ne prennent pas leur responsabilité politique, ce
sont eux qui gangrènent le système en fait.
Son ami eut un sourire ironique, Nathanaël refusa de rentrer dans son jeu.
— Non, mais je suis sérieux là, dépêche-toi de réclamer ta carte électorale.
S’il avait suivi l’argumentaire type donné par Hervé, il aurait évoqué le
fait que « voter, c'est un droit acquis durement ». Il était censé donner un
historique de ce combat, en particulier s’il avait affaire à une femme.
Nathanaël n’aimait pas l’Histoire, il aimait l’avenir et avait décidé de
procéder à sa façon.
Dimitri le regarda fixement. Il consulta sa montre, hésita, puis conclut :
— Ok, touché. Il va falloir que j'y aille, mais je m’en occuperai, promis.
Nathanaël laissa son ami partir avec satisfaction : Dimitri voterait. Il se
rendit à la JE avec le pas… d’un conquérant.
La mission du politique
L'épreuve de vérité : quand la déception permet un recentrement
Plus loin dans l'intrigue de Dernière Ambition, le récit bascule
lorsque Nathanaël reçoit de plein fouet les accusations d'un ancien ami de
son mentor : Riviere. La révélation tombe, brutale : l'homme que Nathanaël
admirait a commis un acte répréhensible dans le passé.
La noblesse du sentiment politique
Remonte alors sa motivation première, dans toute sa pureté, sa noblesse,
qui l'a amené à s'engager en politique.
Extrait :
Pour la première fois, il eut besoin de se remémorer la tribune qui l’avait
ému six mois auparavant, afin de se persuader qu’il avait fait le bon choix
en se lançant en politique.
D'abord silencieuse, la foule avait vrombi et s'était laissé aller à un
tonnerre d'applaudissements ; il avait alors éprouvé une irrésistible
envie de monter sur la scène, de leur dire que lui, Nathanaël Payin, armé
de leur confiance, il pourrait lui aussi changer le cours des choses.
Quand l'apprenti en politique s'efface devant l'homme d'action
Le chemin d'un jeune politicien
L'engagement politique est souvent décrit comme une vocation, c'est aussi une
métamorphose. Dans ce passage de Dernière ambition, Nathanaël ne se
contente plus d'observer : il revendique sa place. Sous le regard complice de
Marie, dont il tombe amoureux, il assume enfin cette soif de responsabilités
et ce désir de « prendre les choses en mains » pour sa ville.
De la Croix-Rousse comme domicile au labyrinthe du pouvoir
Peut-on trouver de la beauté dans la gestion du stationnement ou les méandres
de l'administration ? Pour Nathanaël, la réponse est oui. L'engagement
politique commence souvent par un attachement viscéral à son
territoire. Dans l'extrait ci-dessous, mon personnage dévoile sa vision
de la politique : un mélange de labeur, de conquêtes victorieuses et d'un
amour profond pour le quotidien des Croix-Roussiens.
Extrait :
Le visage de Nathanaël s’éclaira :
— La politique est un labyrinthe… dans lequel je vais m’essayer, essuyer des
plâtres et des affronts, et peut-être m’enivrer de puissance ; mais il y a une
chose que j’aimerais que vous compreniez : je ne vais pas m’y perdre, parce
que la politique, c’est chez moi !
Les yeux de Marie l’encouragèrent ; il reprit sa respiration et poursuivit :
— Mon trip, c’est d’exercer le pouvoir, et tant pis si c’est mal vu. Il en
faut bien un pour endosser les responsabilités. Le fait de prendre les choses
en mains… tiens, le stationnement des Croix-Roussiens par exemple : si j’avais
le moyen de décider de leur sort, je le ferais parce que cela me correspond.
Il bomba le torse et ajouta avec ferveur :
— Et si vous voulez tout savoir, j’espère qu’il y aura des moments victorieux,
j’en rêve même, et ils seront mérités, car il y aura aussi du boulot.
Nathanaël était sûr de lui. Marie songea qu’il avait quitté son enveloppe
d’étudiant et mué vers un nouveau statut : il était un acteur avec lequel la
société devrait compter.