L'aile des vierges, Laurence Peyrin



 Membre du personnel d'un château anglais après la seconde guerre mondiale et le décès de son mari, Maggie se reconstruit tout en ne renonçant pas à sa soif de liberté et de justice sociale - ce qui l'amène à prendre la jeune Kitty sous son aile. Elle se laisse cependant surprendre par une relation amoureuse qui arrive comme une cure de jouvence, tout en la déstabilisant.

La seconde partie nous entraîne aux Etats Unis où la fougue de cette jeune femme s'exprime toujours au service des autres, mais cette fois-ci dans le médical, sa passion première. Et sur son canapé, un ami fidèle et attachant veille sur elle quand elle a besoin.

Un livre qui tient sur la longueur, avec un joli retournement.

Une agate rouge sang, Frédérick Maurès

 


Il y a des questions que Mathieu aurait dû passer à Marie-Louise, chez qui il s'est réfugié enfant, adolescent et même jeune papa. En découvrant son ancien appartement abandonné au passé, il comprend que sa presque mère d'adoption veut lui laisser un ultime message : il se doit de percer le secret qu'elle a emporté dans sa tombe.

L'écriture en aller-retour est déroutante, mais c'est une bonne façon d'entrer dans l'histoire que la vieille dame veut raconter malgré elle.

Une histoire poignante dans les dilemmes de la guerre qui ébranlent encore les esprits des décennies après.

La part des nuages, Thomas Vinau

 Une sorte de livre de chevet qui explore la vie à l'horizontale des jours, en cherchant à tâtons dans les moments ce qu'il y a de beau, ce qu'il y a d'étonnant. Et pourtant les jours ne se ressemblent pas. 
Il est question d'un fils qui prend toute la place. Mais il en reste encore, alors Joseph prend des libertés.

Une recueil de poésie en prose. Pour s'évader, par petites touches.

Le manoir aux roses, Tracy Rees



Mabs a la lourde charge de subvenir aux besoins de ses frères et sœurs depuis le décès de sa mère. 
Olive, riche célibataire, cherche à adopter.
Abigaïl, vue au travers les yeux de sa fille Ottie, elle, est déchue, dans sa propre famille, car elle ne se conduit pas normalement, du moins selon les dires de son mari.
Trois femmes bien différentes et qui vont tisser des liens et se soutenir. Car en tant que femme dans la société des environs de Londres au XIXe, il est difficile de s'en sortir seule.
L'opposition entre les riches aux problèmes existentiels et les pauvres miséreux est un peu caricaturale pour moi et les opportunités surgissent un peu rapidement, mais les rencontres qui naissent entre ces héroïnes que tout oppose, ou avec des tiers encore différents, permet de créer des personnages attachants. J'aurais aimé découvrir encore plus les particularités de cette époque, comme ces glacières enfouies sous terre. J'ai apprécié de vivre en ces temps reculés où Londres est à conquérir pour ces femmes qui portent leur monde à bout de bras.
Une lecture attachante.

L'eau rouge, Jurica Pavicic


 
Silva, une jeune adulte à peine sortie de l'adolescence, disparaît. Et c'est le monde de Mate, son frère, et des parents Vesna et Jakov, qui s'effondre, avant celui de la Yougoslavie et plus particulièrement de la Croatie où elle résidait.

Impossible de faire leur deuil, d'autant plus que des pistes s'ouvrent à eux parfois. Silva aurait-elle fugé ? La colère, la suspicion, le découragement, plus rarement la résignation, deviennent le lot de cette famille éprouvée.
Cependant, cette histoire n'en finit pas de jouer les prolongations et les protagonistes, dont les enquêteurs, et les anciens petits amis de la jeune fille, avancent chacun à leur façon dans une nouvelle vie sous bien des aspects.
Le thème de la disparition, et celui des bouleversements induits par la chute d'un régime font de ce roman un livre fort qui nous donne quelques pistes de compréhension sur cette région tout en suivant des personnages éprouvés sur la durée.
Un bonne lecture !

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