Une ornithologue endeuillée qui se réfugie dans un port du bout du monde,
dans les vents glaçants et beaux de Normandie...
La détresse de Lambert, face au souvenir du naufrage de ses parents et de
Paul, son cadet...
Le désarroi de Théo, reclus au milieu de ses chats, miné par la promiscuité
de la haine de sa femme et de la folie de Nan, celle qu'il a aimée toute sa
vie...
Entre les deux, un phare qui s'est éteint, meurtrier.
Enfin, la lumière de l'espoir, provenant d'un lointain monastère.
L'auteure nous livre une atmosphère feutrée, un brouillard où l'on se perd
avec soulagement. Tellement proche de nos douleurs.
Et pourtant la vie est bien là, dans l'insignifiant, la force de la nature
et des sentiments.
Des possibles se dessinent, par intermittence, comme les élans d'un phare
sur l'horizon.
Une branche de la littérature s'est créée autour du
thème du phare. De nombreux ouvrages sont inspirés de ces lieux si particuliers. Pour ma
part, ce roman est un coup de cœur pour moi, dans le genre drame assumé. Je
n'ai pas d'évocation de phare dans ma bibliographie, mais certains passages
ont selon moi une forme de puissance mélancolique qui m'évoque l'ambiance de
Les déferlantes. Je pense par exemple à cette mère violoniste qui a incarné le fol espoir
d'une hypothétique survivance de ses enfants outre-Atlantique, probablement
engloutis par une magistrale vague à l'origine de mon roman
À la hauteur. Voilà l'extrait. Je précise qu'il s'agit d'un passage parmi les plus sombres, dans un roman qui reste axé sur la
reconstruction.
