Le prieur de Bethléem, Yasmina Khadra

 Yasmina Khadra construit un récit qui amène, étape par étape, l'histoire tragique de Wahid, victime dès l'enfance du drame palestinien. 


L'espoir naît en la personne de Nesreen, sa cousine, qui transforme son univers pour le rendre vivable. 
Son éloignement provoqué par un crime israélien l'oblige à renouer avec ses racines chrétiennes, lui qui vivait déjà avec des juifs autochtones dans son village d'origine. 
La violence monte et perd de sa substance, jusqu'au crime de trop, comme si cette fois-ci envisager de vivre encore le quotidien devenait inacceptable.

L'auteur nous propose une histoire par paliers, là où le degré de violence n'est plus mesurable. 
Nous décrochons avec l'escalade intolérable, pour mieux retourner dans le vif du sujet. 
Une main de maître.


Note : dans mes romans, je me suis également attaquée à des prises de pouvoirs violentes comme celui perpétré par les nazis dans Tous les matins, elle boitait ou plus récemment, celles des talibans, en Afghanistan. En avançant dans ces travaux d'écrivaine, avec mon devoir de mémoire et de témoignage, je saisis l'urgence de mettre en avant, inlassablement, les tragédies, fussent-elles désespérantes. Sans perdre le lecteur en le noyant dans un pathos inacessible : il s'agit également de leur restituer les espoirs permis, l'espérance qui demeure dans les cœurs, pour les individus empêtrés dans le malheur. 

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